En japonais < kuroko ni tessuru > signifie : travailler pour quelqu’un, arranger ses affaires, régler ses problèmes, sans qu’on le sache, en restant toujours derrière.
Les Kurokos sont aussi, dans le théâtre Kabuki, des « personnages » entièrement vêtus de noir et sans visage, qui ont essentiellement des rôles d’assistant·es ou de marionnettistes.
Kuroko n’est donc jamais au centre de l’histoire. Toujours au service de.
Pour sa nouvelle création, la chorégraphe Ikue Nakagawa décide de changer de focale et de mettre en lumière ces ombres de nous-même. Ces multiples facettes qui nous composent. Celles que nous aimons à donner à voir socialement mais aussi celles que nous cachons aux autres et parfois à nous-même. Un spectacle où les seconds rôles, qu’ils soient séduisants ou pas, prennent le devant de la scène et se placent, pour une fois, au centre de l’histoire. Un juste retour des choses pour ces « nous » qui nous accompagnent sans jamais nous abandonner.