A propos
Comment traduire en mouvement les traces de l’histoire coloniale dans nos corps ? Dans ce solo créé au Festival d’Avignon, le danseur belgo-tunisien Mohamed Toukabri empoigne cette question aux échos multiples. Sensible, décloisonnée, sa démarche relève tant de l’affirmation que de l’archéologie.Entre tout le monde (everybody) et chaque corps (every body), le langage chorégraphique de Mohamed Toukabri embrasse les contradictions qui l’habitent, le poursuivent, le constituent. Né à Tunis, installé à Bruxelles, formé à P.A.R.T.S., le jeune performeur cherche à briser les restes de hiérarchie entre danse institutionnalisée et danses de la rue. À décoloniser l’imagination, à déhiérarchiser les langages du corps, à réconcilier vulnérabilité et virtuosité. À permettre, voire à incarner, le dialogue entre récit intime et histoire collective.''Pour moi, danser, c’est accepter cette responsabilité : celle d’interroger, de relier, de ne pas oublier que chaque mouvement porte une mémoire '', déclarait-il en prélude à la création de sa pièce au Festival d’Avignon 2025. Le sampling de la bande-son participe de cet esprit : recomposer le présent à partir de ce que contient le passé.